Pourquoi certaines odeurs réveillent-elles
autant de souvenirs ?

Il suffit parfois de presque rien.
Une odeur de linge propre. Le parfum d’un gâteau qui cuit. L’air humide après la pluie. Une crème solaire ouverte au beau milieu de l’hiver.
Et soudain, sans vraiment savoir pourquoi, un souvenir revient.
Pas seulement une image. Parfois, c’est une pièce entière qui réapparaît. Une personne. Une saison. Une sensation que l’on pensait oubliée.
C’est l’une des choses que j’aime le plus dans les parfums : ils ont cette drôle de capacité à nous faire voyager sans que l’on bouge de chez soi.
Quand une odeur ouvre une petite porte dans notre mémoire
Ce lien si particulier entre les odeurs, les souvenirs et les émotions ne vient pas de nulle part.
Notre odorat entretient des liens étroits avec des régions du cerveau impliquées dans la mémoire et les émotions. C’est notamment pour cette raison qu’une odeur peut parfois déclencher un souvenir de manière particulièrement vive.
Et contrairement à une photo que l’on choisit de regarder, une odeur peut nous surprendre.
On ne cherchait rien.
On ouvre un flacon, on entre dans une maison, on passe devant un arbre en fleurs…
Et nous voilà ailleurs.
C’est ce qu’on appelle parfois la mémoire olfactive.
Nous avons tous notre bibliothèque invisible
Ce qui est fascinant, c’est que cette bibliothèque de souvenirs est profondément personnelle.
Une odeur de lavande pourra rappeler à quelqu’un les armoires de sa grand-mère et, à une autre personne, des vacances dans le Sud.
Le bois fumé pourra évoquer une soirée chaleureuse au coin du feu… ou simplement le barbecue catastrophique d’un été où quelqu’un avait clairement surestimé ses talents. 😅
Il n’existe donc pas vraiment de parfum universellement « réconfortant ».
Nous construisons notre propre langage olfactif au fil de notre vie.
Certaines odeurs deviennent rassurantes parce qu’elles sont associées à des moments heureux. D’autres nous donnent de l’énergie. Certaines nous rappellent immédiatement une personne. Et parfois, nous aimons simplement une odeur sans pouvoir expliquer pourquoi.
Une maison aussi peut avoir une mémoire
On a tendance à beaucoup parler de décoration lorsque l’on pense à l’ambiance d’une maison.
La couleur des murs. Les meubles. Les coussins. La lumière.
Mais il y a aussi tout ce que l’on ne voit pas.
Son odeur.
Celle du café le matin.
Du linge fraîchement lavé.
D’un plat qui mijote.
De la fenêtre ouverte après une averse.
Ou de cette bougie que l’on allume presque toujours le dimanche soir.
À force de revenir, certaines odeurs finissent par faire partie de nos habitudes. Elles deviennent de minuscules repères.
Et c’est aussi pour cela que j’aime autant l’idée de choisir un parfum non pas seulement parce qu’il « sent bon », mais pour l’atmosphère que l’on souhaite créer autour de soi.
Choisir une odeur pour ce qu’elle nous fait ressentir
Quand j’imagine les créations du Comptoir des Lucioles, je ne commence pas uniquement par me demander : Qu’est-ce qui sent bon ?
Je préfère me demander :
À quel moment ai-je envie de retrouver cette odeur ?
Est-ce le parfum que j’aimerais sentir lorsque la maison devient silencieuse ?
Celui que j’allumerais avec un livre et une couverture ?
Une senteur fraîche pour ouvrir les fenêtres et donner l’impression que la maison respire ?
Ou quelque chose de plus enveloppant pour ces soirs où l’on n’a envie de rien d’autre que rentrer chez soi ?
C’est d’ailleurs de là que viennent des noms comme Quand la maison dort, Lire au coin du feu, S’envelopper dans un plaid
ou encore Faire entrer le soleil.
Ils racontent d’abord un moment. Le parfum vient ensuite lui donner une odeur.
Et si l’on créait aussi de nouveaux souvenirs ?
C’est peut-être la partie que je préfère.
Les odeurs ne servent pas uniquement à retrouver le passé. Elles peuvent aussi accompagner ce que nous vivons aujourd’hui.
Une nouvelle maison.
Un dimanche matin particulièrement doux.
Un livre que l’on dévore.
Une période où l’on décide de ralentir un peu.
Un premier Noël quelque part.
Un soir tout simple passé avec quelqu’un que l’on aime.
On ne saura probablement pas, sur le moment, que notre cerveau est en train de ranger cette odeur quelque part.
Et puis, peut-être que dans quelques années, on la croisera à nouveau. Et tout reviendra.
Ton refuge n’a pas besoin d’être spectaculaire
Au Comptoir, je parle souvent de refuges.
Pas forcément de grands rituels parfaitement organisés avec quinze étapes et une maison silencieuse digne d’un catalogue.
Parfois, le refuge tient dans cinq minutes.
Une tasse chaude entre les mains.
Une lumière plus douce.
Une bougie allumée pendant que tout le monde dort encore.
Un parfum familier lorsque l’on rentre chez soi.
Ces petits moments peuvent sembler insignifiants. Pourtant, ce sont souvent eux que notre mémoire décide de garder.
Alors la prochaine fois qu’une odeur te ramène soudain quelque part, prends peut-être quelques secondes pour l’écouter.
Elle vient probablement de retrouver un petit morceau de ton histoire.
Aurore 🤎
Le Comptoir des Lucioles

